Ma thèse, intitulée « Devenir un bon pauvre. Analyse genrée de la prise en charge des personnes sans domicile » interroge l’influence des représentations et des identités de genre dans l’intervention sociale auprès des personnes sans logement.

L’objectif de recherche était double : il s’agissait, à partir essentiellement du travail des professionnels de l’intervention, d’une part de saisir les finalités de l’accompagnement social, et d’autre part d'analyser l’influence des rapports sociaux de sexe et des identités sociales de genre dans ce fort contexte d’hétéronomie sociale. Des articles, publiés et à paraître, sont directement tirés de ce travail.

Je développe actuellement trois recherches.

L’une, en qualité de chargée de recherche, interroge l’inclusion scolaire des enfants handicapés, à partir de l’étude de l’appropriation du GEVA-Sco. Ma contribution à cette recherche porte essentiellement sur le traitement des données quantitatives et interroge la re-substantialisation du handicap à l’aune de la magistrature sociale.

Les deux autres recherches, menées sans financement, questionnent pour l'une, les modes d’habitat atypiques et précaires, dans la perspective de saisir, outre les conditions de vie et les rapports au territoire, le sens de ces modes d’habitat, et les transactions sociales autour de la norme « logement ». Dans cette recherche, à peine amorcée, je commence par questionner le rapport aux institutions de la normalité des habitants de logements légers. La seconde recherche personnelle questionne le soutien à la parentalité en situation de vulnérabilité. Le premier volet de cette recherche porte tout particulièrement sur la paternité sans domicile. Elle interroge la notion de paternité et l’image du père, au regard de la notion de parentalité. Cette recherche souligne une distinction, présente dans l’intervention sociale, entre parentalité et paternité : le premier statut relève des devoirs en assumant le bien-être matériel tandis que le second statut renvoie aux pratiques de care en axant sur le souci du bien-être psychologique et affectif.

Mon activité de recherche est ainsi nourrie par une volonté d'appréhender les formes de la citoyenneté sociale en situation de vulnérabilité tout en saisissant les pratiques des intervenants, professionnels ou bénévoles, pour permettre et assurer l’exercice de cette citoyenneté sociale.

A cette fin, je m’interroge tout particulièrement sur les espaces de normativité. En quoi l’intervention sanitaire et sociale peut-elle être appréhendée comme une « institution totalisante » ? Quelle est la place effective de l’usager-bénéficiaire, du récipiendaire de l’intervention ? Quelles sont les résistances, les marges de manœuvre des acteurs ? Quels sens donner à leurs actes ?

Intégrer dans mes recherches le rapport entre les institutions et les individus à la marge permet d’étudier les dynamiques et les transformations du social, tout en considérant les transactions sociales, négociations, résistances et soumissions à ces normes. Le fil rouge de mes recherches réside ainsi dans l’analyse de l’acteur pris dans un contexte d’hétéronomie sociale, toujours abordé à partir des éléments de genre. Plus largement, ma pratique de la sociologie questionne les dynamiques d’individuation des personnes vulnérables, cibles des politiques publiques de l’intervention sociale.