Ma thèse, intitulée « Devenir un bon pauvre. Analyse genrée de la prise en charge des personnes sans domicile » interroge l’influence des représentations et des identités de genre dans l’intervention sociale auprès des personnes sans logement.

L’objectif de recherche était double : il s’agissait, à partir essentiellement du travail des professionnels de l’intervention, d’une part de saisir les finalités de l’accompagnement social, et d’autre part d'analyser l’influence des rapports sociaux de sexe et des identités sociales de genre dans ce fort contexte d’hétéronomie sociale. Des articles, publiés et à paraître, sont directement tirés de ce travail.

Je développe actuellement deux recherches.

Depuis le printemps 2017, je suis, en effet, en contrat postdoctoral au sein du laboratoire Printemps pour contribuer à une recherche France-Québec sur la co-construction des politiques publiques du vieillissement. La recherche s’intéresse à la manière dont les innovations sociales des professionnels du vieillissement peuvent être et sont prises en compte dans la construction des politiques publiques. Dans le cadre d’un appel à coopération, la recherche est co-financée par l’ANR et le FQRSC (pour le volet Québécois).

La seconde recherche, menée en collaboration internationale, interdisciplinaire et dans une démarche de recherche-médiation, vise aux transferts de connaissances produites au Québec et lors d’échanges internationaux sur les processus de médiation interculturelle et de recherche-médiation, sur les approches intersectionnelles issues de la tradition féministe et sur les diversités dans les mouvements des femmes. S’intégrant dans le cadre d’un projet de recherche international Connexions sur les Féminismes en dialogue (Vatz Laaroussi, 2017-2018) concernant les participations citoyennes des femmes, il a pour but de conduire une recherche action médiation centrée sur la participation sociale des femmes migrantes ou issues de l’immigration et en situation de handicap. La coordination sera assurée par Melissa Arneton et Zineb Rachedi, membres du Grhapes (EA 7287), en étroit partenariat avec l’association Espace, Femmes & Handicaps. Une demande de financemement a été déposé auprès de la région IdF dans le cadre du DIM Discriminations.

Mon activité de recherche est ainsi nourrie par une volonté d'appréhender les formes de la citoyenneté sociale en situation de vulnérabilité tout en saisissant les pratiques des intervenants, professionnels ou bénévoles, pour permettre et assurer l’exercice de cette citoyenneté sociale.

A cette fin, je m’interroge tout particulièrement sur les espaces de normativité. En quoi l’intervention sanitaire et sociale peut-elle être appréhendée comme une « institution totalisante » ? Quelle est la place effective de l’usager-bénéficiaire, du récipiendaire de l’intervention ? Quelles sont les résistances, les marges de manœuvre des acteurs ? Quels sens donner à leurs actes ?

Chacune de mes recherches postdoctorales, aux objets pourtant diversifiés (inclusion scolaire des enfants handicapés ; modes d’habitat atypiques et précaires ; paternité sans domicile), ont ainsi permis de nourrir cette réflexion autour des politiques et de l'intervention sociale et éducative.

Intégrer dans mes recherches le rapport entre les institutions et les individus à la marge permet d’étudier les dynamiques et les transformations du social, tout en considérant les transactions sociales, négociations, résistances et soumissions à ces normes. Le fil rouge de mes recherches réside ainsi dans l’analyse de l’acteur pris dans un contexte d’hétéronomie sociale, toujours abordé à partir des éléments de genre. Plus largement, ma pratique de la sociologie questionne les dynamiques d’individuation des personnes vulnérables, cibles des politiques publiques de l’intervention sociale.