Articles

Article de revue scientifique

« La construction dialectique de la normalité : analyse des normes de genre dans un dispositif français d’intervention sociale », Nouvelles Pratiques Sociales, publication 2015. (Article accepté avec modifications mineures)

A partir d’un terrain sociologique réalisé en France entre 2007 et 2012, cet article propose de réfléchir aux changements perceptibles des finalités de l’intervention sociale auprès des personnes sans domicile, au prisme du genre. Les différentes crises que traverse la société française conduisent les professionnels du social à repenser leurs pratiques et à redéfinir leurs objectifs afin de ne pas remettre en cause le sens social de leur profession. L’article démontre alors que ce travail de réélaboration se fait en jonglant entre normes traditionnelles de genre, pensées comme qualifiantes, et normes contemporaines de genres, issues du vécu des acteurs.

« De l'homme sans domicile au père sans logement personnel : tensions de genre dans l'intervention », Le Télémaque, 2015/2 (n° 46). [Lecture/ achat en ligne]

A partir d'une analyse de la construction des politiques sociales et de l'Etat-Providence qui a contribué à édifier en norme les modèles de l'homme gagne-pain et de la femme pourvoyeuse de soin, l’article questionne la faible présence de l'accompagnement à la paternité comme une conséquence directe de ces politiques sociales, mais aussi comme la résultante d’un interdit individuel lié au sentiment d'échec et de disqualification vécu par ces hommes précaires. En illustrant l'article à partir de données empiriques, nous nous demanderons si un « bon » père sans domicile peut exister ?

« L’ordinaire comme commencement du travail sur soi : le cas de la prise en charge des hommes et des femmes sans domicile », revue Raison Publique, numéro

thématique « Retour à la vie ordinaire », dirigé par Marie Gaille et Sandra Laugier, publication printemps 2014.

Les travailleurs sociaux qui accompagnent les personnes sans domicile souhaitent les voir retourner, plus ou moins rapidement, à la vie ordinaire. Cette idée de retour à la vie ordinaire questionne. Un retour implique un « avant » or, les parcours de vie des personnes sans domicile sont faits de nombreuses ruptures sociales et leur « casier social » est souvent très lourd.  Comment dès lors imaginer un retour à l’ordinaire ? Les travailleurs sociaux doivent-ils se résoudre à raccompagner ces personnes hébergées dans le précariat et à faire en sorte qu’ils s’y installent durablement ? L’ordinaire recherché est-il celui des personnes sans domicile ou l’ordinaire du commun ? A partir de soixante entretiens semi-directifs et de séquences d’observation participante, cet article montre comment l’ordinaire des personnes requalifiées se définit à partir des visions du monde des travailleurs sociaux et comment cet ordinaire est lié au précariat.

Chapitre d’ouvrage collectif

« Se conformer ou s’exclure : les tabous de la réinsertion », 13 pages, dans Des Marginalités au quotidien, (dir. Garabuau-Moussaoui), Paris : Harmattan, collection Sciences Humaines et Sociales, février 2013.

En partant de l’image du bon pauvre et son pendant, celle du mauvais pauvre, et en analysant les différences de genre entre ces deux images, cet article montre les dynamiques de genre de la prise en charge des personnes sans domicile en mettant l’accent sur le quotidien dans les centres d'hébergement pour femmes. Ces femmes hébergées ont dû, pour entrer dans le centre, se montrer « bonnes femmes » et doivent, pour s’y maintenir jusqu’à la sortie vers un logement indépendant, se montrer « bonnes mères et bonnes femmes ». L’article analyse alors les éléments qui constituent cette idée de la « bonne pauvre » à la fois mère et femme, souvent au détriment de la travailleuse.

Traduction d’ouvrage

Erich Fromm, La peur de la liberté, Ed. Parangon, Lyon, 2011 (traduit de l’anglais au français.). Titre original : Fear from freedom.

(Présentation de l’éditeur) L'homme est-il assez fort pour supporter la liberté ? Peut-il affronter les dangers et la responsabilité qu'elle induit ? Car la liberté est avant tout un problème psychologique. Erich Fromm, par son analyse magistrale des origines psychanalytiques du totalitarisme fait la lumière sur les forces qui façonnent la société moderne. Si l'avènement de la démocratie a apporté la liberté, elle a donné naissance à une société dans laquelle l'individu se sent aliéné et déshumanisé. L'homme moderne, dégagé des liens de la société primitive, qui le limitaient, mais le rassuraient, n'a pas encore pleinement conquis son indépendance. La liberté provoque en lui un sentiment d'isolement qui engendre à son tour l'insécurité et l'angoisse. Il met alors en place des mécanismes de fuite : l'autoritarisme, la destructivité ou un conformisme d'automate.

Recension

Séverine Mayol, « Daniel Céfaï, Pourquoi se mobilise-t-on ?. Les théories de l'action collective », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2007, mis en ligne le 02 novembre 2007, consulté le 15 décembre 2012. URL : http://lectures.revues.org/472

Séverine Mayol, « Xavier Engels, Matthieu Hély, Aurélie Peyrin, Hélène Trouvé, De l'intérêt général à l'utilité sociale. La reconfiguration de l'action publique entre Etat, associations et participation citoyenne », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2007, mis en ligne le 01 juin 2007, consulté le 15 décembre 2012. URL : http://lectures.revues.org/416